La culture maraîchère autour du lac Toho
Sur les rives du lac Toho, dans le sud du Bénin, la vie des habitants a changé depuis l’année dernière. Dans les villages autour du lac, femmes et hommes ont uni leurs efforts pour se diriger vers un avenir plus durable. Ils agissent ainsi avec une conviction commune : cultiver des légumes de manière respectueuse de l’environnement est également bénéfique pour le lac et la vie qui l’entoure.
Début 2026, d’importants travaux, qui avaient débuté à l’automne 2025, ont été achevés. Les groupes d’horticulteurs qui cultivent des légumes sur différents sites sont satisfaits du travail accompli. Grâce aux systèmes d’irrigation installés sur les sites, ils peuvent arroser l’ensemble de leurs terres, même en période de sécheresse. Les récoltes ont considérablement augmenté.
Le lac Toho se trouve dans le département de Mono et est partagé par trois communes : Athiémé, Houéyogbé et Lokossa. Depuis des générations, les habitants vivent ici de la pêche et de l’aquaculture. Mais ces dernières années, ils constatent que le lac contient moins de poissons et que la pression sur l’ensemble de l’écosystème – eau, terres, zones humides, animaux – augmente.
Du lac vers la terre
Afin de redonner un peu d’air au lac Toho, Join For Water cherche des solutions en collaboration avec les habitants, dans le cadre du projet Delta Mono Enabel. Dans les chenaux latéraux du lac Ahémé, deux zones de pêche avaient déjà été aménagées auparavant dans le cadre de ce projet. Ici, l’accent est mis sur la culture maraîchère agroécologique. En organisant les activités agricoles de manière contrôlée et écologique, il est possible de réduire la pression sur le lac. La culture maraîchère offre aux familles une source supplémentaire d’aliments sains et un revenu complémentaire.
L’agroécologie signifie dans ce contexte : travailler dans le respect du sol, sans utiliser d’engrais chimiques qui polluent la terre et l’eau du lac. Il s’agit d’une alternative aux méthodes couramment utilisées jusqu’à présent.

Concrètement à Logbo
Prenons l’exemple de Logbo, un village de la commune de Lokossa. À l’automne 2025, les travaux étaient en cours pour aménager des maraîchers collectifs et installer un système d’irrigation. Les femmes qui s’étaient réunies sur le site de Lonava l’ont formulé ainsi : « L’agroécologie, c’est notre comportement pour garder la terre en bonne santé. » C’est une devise que Gertrude N’bouke leur a transmis lors des séances de sensibilisation de Join For Water.
Gertrude travaille comme facilitatrice au sein de l’équipe de Join For Water chargée du projet Delta Mono Enabel. Découvrez son témoignage.
Apprendre et décider ensemble
Dans les villages autour du lac, l’équipe a organisé des séances de sensibilisation avec la population et des réunions de concertation avec les acteurs locaux. Lors de ces réunions, les habitants ont mis en commun leurs connaissances, leurs habitudes et leurs préoccupations. Hommes, femmes, jeunes et personnes âgées ont analysé ensemble les problèmes et discuté des mesures nécessaires.
Les gens ont rapidement compris qu’il fallait changer les choses : comme ils pratiquent l’agriculture trop près des rives du lac, l’eau est polluée et les précieuses zones humides autour du lac disparaissent. Join For Water a proposé de miser sur une culture maraîchère plus respectueuse de l’environnement et de mettre en place des infrastructures d’irrigation. En exploitant des terrains situés un peu plus loin du lac, les rives et l’eau sont naturellement mieux protégées.
Chaque village compte désormais plusieurs groupes de producteurs, auxquels participent quelques familles. Ainsi, tout le monde dans le village peut s’impliquer et travailler ensemble sur les terres. Les groupes se réunissent régulièrement, sous la houlette de Gertrude. Les messages clés du projet y sont alors répétés et transmis. Et cela se fait de manière animée 😊, ce qui permet au message de rester ancré dans les esprits.
