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Œuvrer ensemble pour un sol sain et un lac vivant

4 mai, 2026

Lors des séances de sensibilisation, les femmes répètent : « Notre comportement contribue à préserver la santé de la terre »." (c) Join For Water - Liesbeth De Baere

La culture maraîchère autour du lac Toho

Sur les rives du lac Toho, dans le sud du Bénin, la vie des habitants a changé depuis l’année dernière. Dans les villages autour du lac, femmes et hommes ont uni leurs efforts pour se diriger vers un avenir plus durable. Ils agissent ainsi avec une conviction commune : cultiver des légumes de manière respectueuse de l’environnement est également bénéfique pour le lac et la vie qui l’entoure.

Début 2026, d’importants travaux, qui avaient débuté à l’automne 2025, ont été achevés. Les groupes d’horticulteurs qui cultivent des légumes sur différents sites sont satisfaits du travail accompli. Grâce aux systèmes d’irrigation installés sur les sites, ils peuvent arroser l’ensemble de leurs terres, même en période de sécheresse. Les récoltes ont considérablement augmenté.

Le lac Toho se trouve dans le département de Mono et est partagé par trois communes : Athiémé, Houéyogbé et Lokossa. Depuis des générations, les habitants vivent ici de la pêche et de l’aquaculture. Mais ces dernières années, ils constatent que le lac contient moins de poissons et que la pression sur l’ensemble de l’écosystème – eau, terres, zones humides, animaux – augmente.

Du lac vers la terre

Afin de redonner un peu d’air au lac Toho, Join For Water cherche des solutions en collaboration avec les habitants, dans le cadre du projet Delta Mono Enabel. Dans les chenaux latéraux du lac Ahémé, deux zones de pêche avaient déjà été aménagées auparavant dans le cadre de ce projet. Ici, l’accent est mis sur la culture maraîchère agroécologique. En organisant les activités agricoles de manière contrôlée et écologique, il est possible de réduire la pression sur le lac. La culture maraîchère offre aux familles une source supplémentaire d’aliments sains et un revenu complémentaire.

L’agroécologie signifie dans ce contexte : travailler dans le respect du sol, sans utiliser d’engrais chimiques qui polluent la terre et l’eau du lac. Il s’agit d’une alternative aux méthodes couramment utilisées jusqu’à présent.

 

Benin agro-ecologie Lonava
Le lac Toho fournit de la nourriture et des revenus grâce à la pêche, mais il est victime de la pollution causée par l’agriculture intensive pratiquée à proximité de ses rives. (c) Join For Water

 

Concrètement à Logbo

Prenons l’exemple de Logbo, un village de la commune de Lokossa. À l’automne 2025, les travaux étaient en cours pour aménager des maraîchers collectifs et installer un système d’irrigation. Les femmes qui s’étaient réunies sur le site de Lonava l’ont formulé ainsi : « L’agroécologie, c’est notre comportement pour garder la terre en bonne santé. » C’est une devise que Gertrude N’bouke leur a transmis lors des séances de sensibilisation de Join For Water.

Gertrude travaille comme facilitatrice au sein de l’équipe de Join For Water chargée du projet Delta Mono Enabel. Découvrez son témoignage.

Apprendre et décider ensemble

Dans les villages autour du lac, l’équipe a organisé des séances de sensibilisation avec la population et des réunions de concertation avec les acteurs locaux. Lors de ces réunions, les habitants ont mis en commun leurs connaissances, leurs habitudes et leurs préoccupations. Hommes, femmes, jeunes et personnes âgées ont analysé ensemble les problèmes et discuté des mesures nécessaires.

Les gens ont rapidement compris qu’il fallait changer les choses : comme ils pratiquent l’agriculture trop près des rives du lac, l’eau est polluée et les précieuses zones humides autour du lac disparaissent. Join For Water a proposé de miser sur une culture maraîchère plus respectueuse de l’environnement et de mettre en place des infrastructures d’irrigation. En exploitant des terrains situés un peu plus loin du lac, les rives et l’eau sont naturellement mieux protégées.

Chaque village compte désormais plusieurs groupes de producteurs, auxquels participent quelques familles. Ainsi, tout le monde dans le village peut s’impliquer et travailler ensemble sur les terres. Les groupes se réunissent régulièrement, sous la houlette de Gertrude. Les messages clés du projet y sont alors répétés et transmis. Et cela se fait de manière animée 😊, ce qui permet au message de rester ancré dans les esprits.

« Ils ne le font pas parce que nous le leur demandons »

Gertrude N’bouke vit avec sa famille à Lokossa et parcourt plusieurs fois par semaine des dizaines de kilomètres à mobylette pour suivre les activités. Grâce à sa formation en géographie physique et à ses liens étroits avec les communautés, elle parvient à faire bouger les choses. Elle raconte comment les gens se sont peu à peu engagés dans le projet, comment les problèmes ont été résolus ensemble et comment la confiance s’est renforcée. « Ils ne le font pas parce que nous sommes là », explique-t-elle, « ils le font parce qu’ils comprennent pourquoi c’est nécessaire. C’est ça le plus important. »

« L’agroécologie, c’est notre comportement pour garder la terre en bonne santé »

Bibiane Aziablé, une jeune femme du village, s’est elle aussi engagée avec conviction dans le projet. Elle raconte comment, grâce aux ateliers, elle a découvert les principes agroécologiques et a décidé de participer activement. Et elle le fait avec les autres femmes dans une ambiance positive. Découvrez ici comment ces actions ont changé sa vie et celle de sa famille.

Paulin Togbé, président du groupe de maraîchers de Logbo, insiste surtout sur l’importance des infrastructures. Auparavant, l’eau et l’irrigation constituaient de grands défis. Grâce au projet, du matériel adapté et un système d’irrigation bien pensé ont été mis en place. Les groupes cultivent désormais notamment de l’amarante, des tomates, des piments, du maïs et des légumes-feuilles locaux. Une partie de la récolte est destinée à la consommation propre, le reste est vendu au village ou au marché. Cette combinaison garantit à la fois la sécurité alimentaire et des revenus. Découvrez comment sa vie s’est améliorée grâce aux actions de Join For Water.

Une équipe enthousiaste, une population dynamique

À l’automne 2025, les travaux d’infrastructure à Lonava battaient leur plein. Ingénieurs, géomètres et ouvriers effectuent des levés topographiques et creusent des canaux d’irrigation. C’est une équipe enthousiaste. L’eau d’irrigation sera distribuée via un canal principal, alimenté par le lac ou par des bassins de rétention, vers des canaux secondaires. À partir de là, les maraîchers pourront arroser leurs parcelles de manière efficace et contrôlée.

Sur les autres sites es villages environnants les travaux sont en cours ou viennent d’être achevés. Partout, les utilisateurs locaux participent activement au projet.

Vers un avenir sain

Les résultats sont désormais visibles. Forts de ces expériences positives, les habitants sont motivés et déterminés à continuer à œuvrer ensemble pour un avenir sain, tant pour eux-mêmes que pour leur environnement. Grâce à l’accompagnement et aux sessions de formation, ils ont désormais les moyens de concrétiser ce projet.

« Quand je vois les résultats aujourd’hui et ce qui se passe autour du lac Toho, je suis fière. Surtout de l’engagement des gens », dit Gertrude.

Texte et photos: Gertrude N’Bouke, Liesbeth De Baere, Gérard Agossevi

Lonava - actions et résultats

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