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Les principes agroécologiques sont désormais un mode de vie

22 avril, 2026

Bibiane dans le jardin du groupement de maraîchers à Logbo-Lonava. (c) Join For Water - Gertrude N'Bouke

Bénin – Bibiane fait partie des habitants de Logbo qui ont rejoint le projet d’agroécologie de Join For Water. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme Delta-Mono-Enabel. Elle raconte comment ce projet a changé sa vie.

Bibiane Aziablé a 40 ans et vit depuis vingt ans à Logbo-Zohongo, le village où elle est née.

Bibiane vit avec son mari, ses deux enfants âgés de 20 et 13 ans, et un beau-frère. Elle concilie sa vie de famille avec son travail de mareyeuse : elle vend et frit du poisson pour subvenir aux besoins de sa famille.

« Mes journées étaient toujours bien remplies. Le matin, je m’occupais des tâches ménagères, puis je travaillais avec le poisson et je préparais les repas. Pourtant, chaque jour, nous ne savions pas si nous allions pouvoir joindre les deux bouts. »

La vie avant Join For Water

Avant l’arrivée de Join For Water, la vie de Bibiane consistait surtout en une quête quotidienne pour subvenir aux besoins fondamentaux de sa famille.

  • « Nous passions des journées sans savoir ce qu’on va manger, comment subvenir à nos petits besoins comme l’achat des savons de toilettes, des vêtements … »

L’eau était l’un des plus grands défis. Pour ses productions maraichères, Bibiane devait aller chercher de l’eau au lac, à l’aide de bassins, et arroser plante par plante. Cet effort physique avait un impact évident sur sa santé et sa vie de famille.

  • « Je passais plus de quatre heures avant de finir l’irrigation. Le lendemain, je me réveillais avec des courbatures et une fatigue extrême. J’étais constamment malade. J’avais des crampes et je pouvais à peine faire cent mètres sans faire une pause. »

Ses enfants en subissaient également les conséquences.

« Comme j’étais épuisée, je ne pouvais plus m’occuper d’eux autant qu’avant. Leurs performances scolaires ont diminué. »

Benin - Lonava-sensibilisation-Bibiane
Bibiane – deuxième à partir de la droite – participe avec enthousiasme aux actions de sensibilisation de Join For Water. (c) Join For Water

Premier contact avec Join For Water

Lorsque Bibiane a entendu parler de Join For Water pour la première fois lors d’une réunion villageoise, elle s’est d’abord montrée réticente. Elle a néanmoins décidé de participer, motivée par le désir de mener une vie meilleure.

  • « J’étais méfiante. J’avais déjà vu des projets où au cours des séances de prises de décision on n’a jamais été associé. Je voulais améliorer mes conditions de vie et surtout retrouver la santé. »
Bibiane Aziablé - Benin

Témoignage

Grâce à ces formations, j’ai le sentiment que mon avis compte. Je prends des décisions avec plus confiance.

Bibiane Aziablé – Logbo – Bénin

Ce qui a concrètement changé

Les interventions de Join For Water ont apporté des changements tangibles dans la vie quotidienne de Bibiane. Grâce au nouveau système d’irrigation, la culture maraîchère est devenue moins pénible et plus efficace. De plus, Bibiane a appris à travailler selon les principes agroécologiques.

« Aujourd’hui, je n’ai plus besoin que d’une heure environ pour irriguer. La différence est énorme. Je mange désormais des légumes issus de notre propre site de production, sans produits chimiques. Cela a considérablement amélioré ma santé, je ne me réveille plus avec des douleurs. »

Santé, revenus et confiance en soi

L’amélioration de la santé a également apporté plus de stabilité dans la vie familiale.

  • « Mes enfants sont moins souvent malades et j’arrive à payer leur formation. Mes revenus ont augmenté car je fais de la production maraichère à tout moment en plus de la vente des poissons. »

Sur le plan personnel aussi, Bibiane a ressenti un changement.

  • « Grâce aux formations, j’ai le sentiment que mon opinion compte. Je me sens plus forte et plus autonome. »

Regard vers l’avenir

Bibiane est convaincue que ces changements sont durables. Et elle partage également ses expériences avec d’autres femmes.

« Il faut protéger ce que la santé nous apporte. Pour moi, les principes agroécologiques sont désormais un mode de vie. Dès que j’en ai l’occasion, je sensibilise d’autres femmes aux risques liés aux intrants chimiques. »

 

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