Andes – Les femmes subissent la pénurie d’eau (potable) différemment des hommes, et le changement climatique n’a pas non plus le même impact sur elles. CUIDAR* – dont ProtosAndes est membre – apporte une perspective de genre forte qui met en lumière les inégalités et favorise l’égalité dans le bassin versant du Mayo Chinchipe.
Tout d’abord, quelques faits :
- Les femmes sont sous-représentées dans les organisations de la société civile et dans la gestion des ressources en eau.
- Dans la région frontalière entre l’Équateur et le Pérou, on observe un nombre inquiétant de cas de violence structurelle et domestique.
- Les femmes sont particulièrement vulnérables en matière d’accès à l’eau (potable) et aux installations sanitaires ; la pauvreté, le manque d’infrastructures et la qualité insuffisante des services aggravent encore cette situation.
Pourquoi les femmes ne participent-elles pas davantage aux structures de protection de l’eau ? Ne sont-elles pas pourtant les premières à constater que l’eau n’est pas propre à la consommation ou à la cuisson ? Ce constat est au cœur du programme de CUIDAR, dont fait partie ProtosAndes.
Rapports de force vs vulnérabilité
La réponse à la question de savoir pourquoi les femmes ne sont pas plus impliquées dans la gestion des ressources en eau se trouve à plusieurs niveaux :
- les rapports de force dans l’accès aux sources d’eau et leur contrôle,
- la charge de travail disproportionnée, les femmes effectuant généralement des tâches ménagères et du travail non rémunéré,
- la vulnérabilité des femmes face à la violence physique, psychologique et sexuelle,
- le fait que les femmes sont moins souvent propriétaires d’un lopin de terre.
Pourtant, les femmes possèdent également des connaissances essentielles transmises de génération en génération, et il est important de reconnaître et de diffuser ces connaissances. En effet, leur implication dans la gestion de l’eau a de nombreux effets positifs :
- elle renforce non seulement les efforts de conservation de la nature,
- mais aussi la résilience des communautés,
- elle améliore les conditions d’adaptation au changement climatique et
- elle favorise la justice sociale, l’égalité des chances et le développement durable dans la région.
Nous avons mené une étude sur le genre dans le bassin versant, et sur cette base, nous avons conçu une stratégie d’action positive. Par le biais de la « Binational Water School », nous avons formé des leaders, hommes et femmes, en mettant l’accent sur l’inclusion des femmes. L’objectif est de promouvoir une participation équitable des femmes à la gestion de l’eau et de leur donner une voix.
Cuidadoras
Dans cette optique, nous avons également créé un espace appelé les « Gardiennes* du bassin versant du Mayo Chinchipe ». C’est là que les problèmes spécifiques liés au fait d’être une femme peuvent être abordés et que des solutions voient le jour. Les conclusions sont ensuite transmises aux instances décisionnaires. Les femmes sont ainsi activement impliquées.
De ce comité émergent également des groupes de soutien aux femmes victimes de violence.
Changement climatique
Lors de la réunion de décembre 2024 de ces « gardiennes », il est clairement apparu à quel point le changement climatique a un impact différent sur les femmes et comment l’exploitation minière affecte l’environnement. L’accès à l’eau et à la nourriture s’en trouve compromis pour les femmes. Les femmes du bassin versant qui défendent leurs droits sont persécutées pour leur militantisme.
Les femmes s’opposent aux activités minières, exigent le respect des accords binationaux et tentent de protéger leurs terres agricoles. Elles exigent également de pouvoir participer activement à l’élaboration de la gestion intégrée de l’eau, afin de garantir que leurs besoins soient pris en compte.
Elles exigent que la voix des femmes soit prise en compte dans les décisions politiques et qu’une politique efficace soit mise en place pour prévenir la violence sexiste et garantir un environnement sûr et équitable.
- * CUIDAR – est le partenariat entre nos différents partenaires en Équateur et au Pérou : Protos Andes, Naturaleza y Cultura Internacional, Gobierno Regional Cajamarca, Universidad Nacional de Loja, Universidad Nacional de Jaén, Trias, Bos+.
- ** Cuidador = gardien, soignant, surveillant… ce à quoi fait également référence le nom du partenariat.
- Cet article a été publié dans la newsletter « CUIDAR Boletin ».
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