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Un rôle clé pour le cacao

25 juillet, 2026

La famille TAMIM SHABANI, à Bafwapada, sent bien la différence au niveau de ses revenus. (c) Destin Itunda - Join For Water

République démocratique du Congo – Dans la province du Tshopo, Join For Water met en place davantage de pratiques agroécologiques qui profitent non seulement à l’agriculture elle-même, mais aussi à la nature et à la population. BOS+ et Tropenbos sont nos partenaires dans ce projet.

Une révolution agroécologique en Afrique centrale

Pendant des décennies, le palmier à huile régnait en maître incontesté dans les campagnes d’Afrique centrale. Plante emblématique, source de revenus rapides, produit stratégique pour les industries alimentaires et cosmétiques, il occupait un rôle presque mythique. Pourtant, un vent nouveau souffle sur les paysages agricoles. À travers l’émergence de l’agroécologie centrée sur le cacaoyer, un basculement profond s’opère : celui d’une transition écologique, économique et culturelle qui redessine l’avenir des communautés rurales.

Le palmier à huile perd sa position dominante

Après le déclin d’autres cultures d’exportation, comme le caoutchouc, le palmier à huile est devenu l’une des principales cultures pérennes dans plusieurs pays d’Afrique centrale. Mais le secteur est de plus en plus confronté à des problèmes structurels :

  • Épuisement des sols et perte de fertilité après des cycles non régénérés.
  • Vulnérabilité aux maladies, notamment le flétrissement du palmier.
  • Prix instables sur le marché international, qui fragilisent les petits producteurs.
  • Impact environnemental critiqué, notamment la déforestation liée aux anciennes plantations extensives.

À cela s’ajoute le fait que les impacts environnementaux de la production d’huile de palme à grande échelle sont sous le feu des projecteurs. La déforestation et la perte de biodiversité ont terni la réputation du secteur, tandis que les plantations vieillissantes deviennent de moins en moins rentables.

Dans des pays comme la République démocratique du Congo, ça fait que les jeunes agriculteurs s’y intéressent de moins en moins. Alors qu’avant, le palmier à huile était un symbole de progrès et de prospérité, de plus en plus d’agriculteurs cherchent des alternatives plus durables.

Le cacao, moteur d’une nouvelle vision de l’agriculture

En parallèle, une autre culture gagne du terrain : le cacao, mais pas n’importe quel cacao.
Ce n’est plus le cacao cultivé en monoculture, mais un cacao agroécologique, intégré dans des systèmes diversifiés, ombragés, respectueux de la biodiversité.

Cette approche crée un système agricole qui ne se contente pas de produire, mais qui restaure aussi les écosystèmes.

 

DR Congo cacaoteelt

Témoignage

Il y a trois ans, je ne pouvais imaginer que la cacaoculture pouvait devenir la source principale de revenu pour ma famille.  J’ai juste planté demi hectare, mais ce que ça me rapporte aujourd’hui dépasse tout ce que j’ai expérimenté : Plus de 400 000 Francs congolais chaque mois (165$). J’ai récolté 30 kg de graines sèches à la première récolte, mais aujourd’hui je produis autour de 50 kg. Dorénavant, je plante le cacao dans tous mes champs et jachères.

La famille TAMIM SHABANI – Bafwapada

Des sols plus sains et plus de biodiversité

Les systèmes agroforestiers avec du cacao offrent de nombreux avantages écologiques. En combinant différentes espèces d’arbres et de plantes, le sol est mieux protégé et enrichi. La présence d’arbres d’ombrage aide en plus à retenir l’eau et à tempérer les températures extrêmes.

Les systèmes agroforestiers cacao permettent :

  • de reconstituer les sols,
  • d’augmenter la biodiversité,
  • de réduire les besoins en intrants chimiques,
  • de stocker plus de carbone,
  • de créer un microclimat favorable face aux sécheresses et aux fortes pluies.

Les producteurs redécouvrent le rôle des jachères améliorées, des arbres légumineux, et des essences locales qui reviennent dans les champs.

Un modèle économique plus résilient et plus rentable

Outre les avantages écologiques, la culture agroécologique du cacao offre aussi des opportunités économiques.

Contrairement aux plantations de palmiers à huile, qui nécessitent souvent des investissements considérables, un système agricole diversifié offre plusieurs sources de revenus. Les agriculteurs peuvent non seulement vendre du cacao, mais aussi produire des fruits, du bois, des plantes médicinales ou du miel.

Cette diversification réduit les risques financiers lorsqu’un produit ne se vend pas bien ou lorsque des conditions météo extrêmes affectent les rendements.

En plus, la demande mondiale en cacao durable est en hausse.

Un changement qui va au-delà de l’agriculture

La transition vers une culture agroécologique du cacao ne se voit pas seulement dans les champs. Au sein même des communautés, les choses changent aussi beaucoup.

De plus en plus de plantations de palmiers à huile vieillissantes sont transformées en systèmes de cacao en forêt. Les jeunes s’intéressent davantage aux techniques agricoles durables et suivent des formations sur le compostage, la lutte naturelle contre les ravageurs, la gestion de l’ombrage et l’utilisation de semences locales.

Ce mouvement n’est pas simplement agricole. Il est social, culturel, et même identitaire. Les communautés redécouvrent que leur paysage peut produire de la richesse tout en restant vivant.

La transition du palmier au cacao agroécologique marque :

  • La fin d’un modèle extractif basé sur la monoculture.
  • L’avènement d’une agriculture régénératrice, plus harmonieuse avec les écosystèmes.
  • Une nouvelle vision du développement rural, orientée vers la durabilité et la résilience.

Les plantations de palmiers à huile vieillissantes semblent marquer la fin d’une époque économique, tandis que les jeunes cacaoyers annoncent peut-être le début d’un nouvel avenir. Un avenir où l’agriculture ne se contente pas de fournir de la nourriture et des revenus, mais contribue aussi à des sols sains, à une biodiversité riche et à des communautés rurales solides.

 

(c) Photos: Destin Itunda – Join For Water

DRC-Cacao Bafwasende