Détecter la pollution et restaurer les zones humides à Fort Portal
Ouganda – La présence de petits « animaux » tels que des larves ou des escargots en dit au moins autant sur la qualité de l’eau d’une rivière qu’une analyse d’un échantillon d’eau en laboratoire. C’est ce qu’ont appris les habitants des zones humides de Fort Portal. Notre partenaire KFF mène une enquête avec eux.
Join For Water travaille avec ses partenaires à Fort Portal à la restauration des zones humides de cette ville. Une partie de cette restauration consiste à améliorer la qualité de l’eau des cours d’eau affectés par l’ensablement, la pollution et l’utilisation intensive des terres. Le suivi de la qualité de l’eau est assuré par KFF, la Kyaninga Forest Foundation, avec le soutien de Join For Water.
Pas d’eau potable
De nombreux petits cours d’eau à Fort Portal City et dans les zones humides environnantes sont gravement affectés par l’érosion, les déchets et les rejets provenant des habitations. Le déclin des zones humides entraîne la pollution de l’eau, la détérioration de la vie végétale et animale et prive les communautés en aval d’un accès à l’eau potable. Plus de 3 000 personnes vivant à proximité de ces cours d’eau sont directement touchées. Il s’agit de familles vivant à proximité des zones humides qui n’ont pas accès à l’eau potable pour leur usage domestique et agricole.
Pour remédier à ces problèmes, la KFF a commencé à prélever régulièrement des échantillons dans 17 cours d’eau sélectionnés, tels que Mugunu, Nyabukara, Nyakasura, Nyakimya, Wamikira et d’autres.
À partir des résultats, KFF élaborera un guide d’identification simple qui pourra être utilisé par les écoliers, les membres de la communauté et les dirigeants locaux pour contrôler eux-mêmes la qualité de l’eau. Les habitants deviendront ainsi des citoyens scientifiques et pourront participer activement à la protection des zones humides.

Échantillonnage au filet, dites-vous ?
Comme l’Ouganda ne dispose pas d’une expertise et de laboratoires suffisants pour analyser la qualité de l’eau, la KFF utilise la méthode dite « d’échantillonnage au filet ». Il s’agit d’une technique qui consiste à remuer le fond des cours d’eau peu profonds afin de capturer de petits invertébrés.
Ces petits animaux, tels que les larves, les vers, les escargots, les écrevisses ou les coquillages, donnent une bonne indication de la santé écologique de l’eau. Certaines ne survivent en effet que dans une eau pure, tandis que d’autres peuvent supporter une légère pollution. Ces animaux ne restent présents que si la qualité de l’eau reste stable au fil du temps et constituent donc un meilleur indicateur de la qualité de l’eau à long terme. Un échantillon d’eau ordinaire ne donne en effet qu’un aperçu instantané.
KFF travaille avec des équipes d’habitants pour prélever les échantillons. Grâce à leur participation, ils comprendront mieux comment les activités humaines affectent les écosystèmes et les organismes qui vivent dans les cours d’eau.

