OUGANDA – Parfois, pas besoin de chercher bien loin pour trouver une solution : la nature elle-même peut remédier à des conditions moins favorables pour « l’eau et le sol ». L’agroforesterie est justement une solution qui s’appuie sur la nature. Notre partenaire KFF, la Kyaninga Forest Foundation, s’y consacre auprès des producteurs de cacao et de café du district de Karangura, à l’ouest de Fort Portal.
L’agroforesterie – qui associe arbres et arbustes à l’agriculture, à l’élevage ou à l’horticulture – améliore les sols, retient l’eau et favorise la restauration des zones tampons riveraines dans le bassin versant de la Mpanga. Ça renforce la résilience des gens et de la nature, et ça fait grimper les rendements agricoles.
La culture du cacao et du café
Concrètement, KFF travaille avec des producteurs de cacao à Bundibugyo et des producteurs de café arabica dans le sous-district de Karangura. KFF fournit des essences d’arbres indigènes aux agriculteurs et leur dispense des formations pratiques en agroforesterie.
À Bundibugyo, le cacao pousse mieux à l’ombre. En introduisant des arbres indigènes chez les producteurs de cacao, on crée un microclimat plus favorable qui protège les cultures contre la chaleur extrême, stabilise les berges des rivières, réduit la perte d’humidité et améliore la santé des plantes.
De la même manière, les arbres d’ombrage favorisent la culture du café arabica dans le sous-district de Karangura : ils régulent la température, protègent les caféiers des rayons du soleil et améliorent ainsi la qualité des grains.
Des arbres qui apportent plein d’avantages
Les arbres ont encore d’autres effets positifs :
- les feuilles tombées se transforment en matière organique qui enrichit le sol
- ça réduit la dépendance aux engrais chimiques,
- leurs racines retiennent plus d’eau,
- les racines profondes des arbres stabilisent le sol et empêchent l’érosion sur les plantations en pente,
- une plus grande biodiversité permet de lutter naturellement contre les ravageurs.
Tailler plutôt qu’abattre
L’agroforesterie permet aussi aux agriculteurs d’augmenter leurs revenus grâce à la vente de produits supplémentaires comme les fruits, le bois d’œuvre et le bois de chauffage.
KFF promeut l’élagage comme une méthode pratique et durable de gestion des arbres, qui profite à la fois aux agriculteurs et à l’environnement. Au lieu d’abattre des arbres entiers pour le bois de chauffage, les agriculteurs apprennent à élaguer soigneusement les branches supérieures. Ça leur permet de récolter régulièrement du bois de chauffage tout en gardant l’arbre en vie et productif.
Cette approche permet aux arbres de conserver leurs « avantages » bien au-delà de la première récolte. En même temps, les agriculteurs répondent aux besoins énergétiques de leur foyer sans dégrader leurs terres ni réduire le couvert arboré.
En associant la préservation de l’environnement à l’amélioration des conditions de vie, KFF montre que des exploitations agricoles productives et des écosystèmes sains peuvent très bien coexister.
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