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Des toilettes aux ressources : l’assainissement écologique dans deux écoles au Burundi

7 septembre, 2026

Des toilettes propres, un droit pour petits et grands. (c) Join For Water

BURUNDI – Seules quelques toilettes pour 2 600 élèves… ça, c’est la recette pour de longues files d’attente, une mauvaise hygiène et parfois la défécation à l’air libre autour des écoles. La situation dans les écoles primaires Muberure I et II, sur la colline de Benga, au Burundi, était intenable. Le nombre d’élèves dans ces écoles était devenu trop important pour les installations sanitaires disponibles. Les latrines étaient vétustes et totalement insuffisantes.

Aujourd’hui, deux nouveaux blocs équipés de toilettes écologiques et raccordés au réseau d’eau potable changent la donne. Mais le projet de Join For Water ne se limite pas à de nouvelles infrastructures. Il associe assainissement, hygiène, implication locale et réutilisation des ressources dans une approche conçue pour durer.

Quand trop d’élèves doivent se partager trop peu de toilettes

Muberure I et II accueillent un nombre d’élèves en forte croissance. Selon les écoles, la croissance démographique et les migrations vers la zone ont notamment contribué à cette augmentation. Pour l’année scolaire 2026-2027, les deux établissements prévoient d’accueillir environ 2 600 élèves.

Avant le projet les élèves devaient parfois attendre longtemps avant de pouvoir utiliser les toilettes, ce qui leur faisait perdre du temps de cours. La défécation à l’air libre autour des écoles provoquait également des problèmes d’hygiène, de mauvaises odeurs et des tensions avec les riverains.

L’enjeu n’était donc pas simplement de construire davantage de toilettes, mais de mettre en place un système d’assainissement plus sûr et plus durable, que les écoles et la communauté environnante puissent gérer sur le long terme.

 

L’assainissement écologique : voir plus loin que les toilettes

Join For Water en partenariat avec l’organisation locale AVEDEC, a réalisé deux blocs sanitaires écologiques, chacun comprenant quatre toilettes. Les installations comprennent également une salle de soins pour les filles et un urinoir pour les garçons.

Les écoles ont par ailleurs été raccordées au réseau d’eau potable de Kiyenzi. L’accès à l’eau est ainsi amélioré en même temps que les installations sanitaires.

Les toilettes écologiques, ou installations Ecosan, apportent une dimension supplémentaire. Au lieu de considérer les excréments humains uniquement comme des déchets à éliminer, Ecosan permet de réutiliser l’urine et les matières fécales hygiénisées comme ressources.

Les écoles prévoient d’utiliser ces sous-produits pour la culture de légumes. Elles étudient également la possibilité de générer des revenus grâce à la vente des légumes et des produits Ecosan hygiénisés. L’assainissement peut ainsi contribuer non seulement à une meilleure hygiène, mais aussi à une utilisation circulaire des ressources.

Burundi latrineblokken school
4 toilettes et une petite pièce où les filles peuvent se changer. (c) Join For Water

Les infrastructures ne fonctionnent que si les personnes se les approprient

La construction des installations n’était qu’une partie du processus.

Les écoles et la communauté au sens large ont elles-mêmes apporté une contribution importante. Au total, 60 000 briques ont été mobilisées pour la construction : 37 000 par Muberure I et II et 23 000 supplémentaires par des personnes originaires de la région et des membres de la diaspora. Lors de camps de travail organisés pendant l’été, les briques ont été acheminées jusqu’au chantier.

La collaboration entre les écoles, les autorités locales, les familles et les autres acteurs concernés s’est poursuivie tout au long des différentes phases du projet.

Cette implication locale est également essentielle pour la suite. Un assainissement durable suppose en effet que les installations soient correctement utilisées et entretenues et qu’elles s’intègrent dans le fonctionnement quotidien des écoles.

 

Adopter de nouvelles habitudes

Les enseignants responsables de l’hygiène et de l’assainissement assurent désormais un suivi régulier auprès des élèves. Ceux-ci sont sensibilisés à l’hygiène et à l’assainissement, à l’utilisation et à la gestion des toilettes écologiques ainsi qu’à d’autres thématiques connexes.

Les élèves sont également impliqués à travers des comités scolaires et des clubs d’hygiène. Les adolescentes bénéficient par ailleurs d’un accompagnement en matière d’hygiène menstruelle.

Ces activités visent à faire en sorte que les nouvelles infrastructures entraînent aussi des changements durables dans les comportements et les pratiques quotidiennes.

 

Le travail n’est pas terminé

Les nouvelles installations ont amélioré la situation, mais l’augmentation du nombre d’élèves continue d’exercer une pression sur les écoles.

Avec environ 2 600 élèves attendus à Muberure I et II pour l’année scolaire 2026-2027, les écoles identifient toujours les installations sanitaires supplémentaires et le matériel d’hygiène parmi leurs principaux besoins. Elles souhaitent construire deux blocs supplémentaires de toilettes écologiques, comprenant chacun huit toilettes, ainsi que des installations pour les garçons et des salles de soins pour les filles.

L’expérience de Muberure I et II montre ainsi à la fois ce que l’assainissement écologique peut apporter et pourquoi les infrastructures seules ne suffisent pas.

Un système d’assainissement durable associe

  • l’accès à l’eau,
  • des infrastructures adaptées,
  • de bonnes pratiques d’hygiène,
  • l’appropriation locale et
  • une gestion à long terme.

Lorsque ces différents éléments se renforcent mutuellement, des toilettes deviennent bien plus qu’un simple bâtiment : elles font partie d’un système qui aide une école et sa communauté à gérer l’eau et les ressources de manière plus durable.

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