Join For Water est présent à la conférence sur le climat. Notre directeur Bart Dewaele fait partie de la délégation officielle belge et peut donc assister à de nombreuses négociations officielles en tant qu’observateur. Vous pouvez lire son premier article d’opinion du 12 novembre ici. Vous trouverez ci-dessous la dernière contribution de Bart, directement depuis le Brésil.
Conférence sur le climat au Brésil : mise à jour
Après une semaine de COP30, les négociations autour du Global Goal on Adaptation (GGA), dans lequel l’eau occupe la première place, sont toujours dans l’impasse. La situation semble bloquée, mais les apparences peuvent être trompeuses.
Il existe pourtant un ensemble d’indicateurs pertinents et solides sur le plan du contenu. La plupart font référence à l’objectif de développement durable n° 6 concernant l’eau et l’assainissement, mais certains sont nouveaux, comme la résistance climatique des systèmes d’assainissement et le soutien accru aux personnes qui doivent déménager en raison de problèmes liés à l’eau, tels que la sécheresse ou les inondations.
Il est donc difficile de comprendre pourquoi les négociations sont dans l’impasse. L’adaptation est tout simplement inévitable : chaque pays devra s’y atteler, quelle que soit l’issue mondiale.
« L’adaptation n’est pas un débat technique au niveau des Nations unies, mais une réalité quotidienne »
Pourtant, des exemples provenant de pays partenaires montrent que des progrès sont déjà réalisés, même sans accord mondial.
Lors d’une table ronde, le gouvernement ougandais a indiqué qu’il intégrait déjà certains indicateurs dans son plan national d’adaptation, avant même qu’ils ne soient approuvés au niveau mondial.
Un entrepreneur du Burundi a expliqué l’importance d’un cadre politique solide pour les investissements dans le traitement des résidus de toilettes, entre autres.
Et les jeunes du Bénin présents à la COP se rendront dans des villages à leur retour pour partager leur expérience et la traduire en solutions pratiques. Ils discuteront de la manière dont les communautés locales peuvent elles-mêmes répondre aux problèmes liés à l’eau et au climat, en tenant compte des possibilités offertes par la politique et le budget locaux.
Ce sont ces récits qui montrent que l’adaptation n’est pas un débat technique au niveau des Nations unies, mais une réalité quotidienne.
La communication et la politique politique portent leurs fruits
Dans le même temps, le terrain international reste complexe. Pour certains pays, les négociations sont un instrument stratégique, dans lequel le blocage de l’adaptation découle d’intérêts plus larges. D’autres pays s’en tiennent au financement comme condition préalable à l’approbation des indicateurs. Le débat sur les moyens et les responsabilités continue notamment de peser sur les progrès.
La question se pose alors de savoir pourquoi les pays ne se retirent pas de négociations aussi difficiles. Un diplomate m’a donné une réponse claire : certaines régions, dont l’UE, mènent une politique authentique visant à assurer un avenir viable à leur population en mettant un terme au réchauffement climatique. Cette politique a vu le jour parce que les citoyens ont voté en sa faveur. Et parce que les partis politiques ont écouté des ONG telles que 11.11.11 et Join For Water, qui insistent depuis des années sur la nécessité d’ambitions climatiques. La communication et la politique sont un travail de longue haleine, mais elles donnent finalement des résultats.
« Nous ne pesons pas lourd sur les négociations formelles, mais parfois, notre présence est le battement d’ailes qui, plus tard, fait bouger les choses »
En tant qu’organisation observatrice, Join For Water ne pèse pas lourd sur les négociations formelles, mais notre présence reste précieuse. Nous posons des questions aux négociateurs belges, nous apportons des témoignages du Sud et nous renforçons notre réseau avec des partenaires du Bénin, du Burundi, du Congo, du Mali, du Pérou et de l’Équateur, entre autres. C’est parfois ce petit coup de pouce qui finit par faire bouger les choses.
Les prochains jours montreront si les pays parviennent à un accord qui offre davantage de possibilités aux gouvernements pour mettre en œuvre des projets liés à l’eau et à l’adaptation. Mais quel que soit le résultat, un principe reste important : nous ne pouvons pas attendre que le monde entier soit d’accord. Chaque pays doit agir de son côté, et nous continuons à y travailler chaque jour.
✍️ Texte : Bart Dewaele, directeur de Join For Water
