Conférence sur le climat au Brésil
Lors de ma récente visite au Congo, j’ai été surpris de voir combien de personnes puisent encore l’eau d’une source naturelle pour boire et cuisiner. Même si ce n’est pas idéal, cette eau s’avère souvent fiable. J’en ai moi-même bu pendant quatre jours. Mais le réchauffement climatique met cette source bon marché et naturelle de la vie (quotidienne) sous forte pression. Nous voulons que la voix de ces personnes inquiètes dans nos pays partenaires soit entendue par les décideurs politiques, y compris au niveau international. Car c’est à ce niveau international que seront bientôt prises les décisions qui auront un impact sur la disponibilité de l’eau dans nos pays partenaires : lors de la conférence sur le climat qui vient de débuter au Brésil.
Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut mettre un terme au réchauffement climatique, même si les décideurs politiques actuellement au pouvoir semblent se résigner à ce que nous dépassions les 2 °C. Une augmentation plus ou moins sûre est de 1,5 °C maximum, comme cela a été convenu il y a dix ans lors de la conférence sur le climat à Paris.
Alors que nous devons nous efforcer de ne pas laisser cette atténuation – ou limitation du réchauffement – nous échapper, il devient de plus en plus urgent de prendre des mesures pour nous adapter aux conséquences de ce réchauffement : sécheresses prolongées, inondations et décalage des saisons dû à des précipitations imprévisibles.
Les pays qui ont le moins contribué à la crise en subissent les conséquences les plus graves
Malheureusement, ces conséquences se font surtout sentir dans les pays du Sud. Pourtant, ce sont ces pays qui ont le moins contribué à l’excès de CO₂ dans l’atmosphère. De plus, ils disposent de moyens limités pour réaliser des travaux d’infrastructure coûteux destinés à les protéger contre les inondations, par exemple, ou pour créer des réserves d’eau afin de pallier les périodes de sécheresse.
Ce besoin de mesures et de financement pour mieux nous adapter à la terre (déjà) réchauffée est un thème important de la conférence actuelle sur le climat. Il y a deux ans, un accord de principe a été conclu sur la délimitation de sept domaines dans lesquels des mesures doivent être prises, le premier étant celui de l’eau. Lors de cette COP, il faudra décider des mesures concrètes à prendre dans chaque domaine, des engagements que les pays prendront et de la manière dont ils rendront compte de leurs actions.
Un exemple d’une telle mesure est que l’eau potable et les toilettes doivent être résistantes au climat. Prenons une situation grave, mais malheureusement réaliste : une source d’eau potable peut être inondée lors de fortes pluies par les eaux provenant de la région environnante, y compris les eaux polluées provenant de fosses d’aisances soudainement inondées. Il est tout à fait possible de mieux protéger cette source, et il existe également des toilettes qui peuvent être rendues plus « résistantes au climat ». Cela nécessite toutefois la volonté politique nécessaire, qui ouvre la voie à l’action et au financement.
Afin de renforcer cette volonté politique, Join For Water est présent à la conférence sur le climat. Notre directeur fait partie de la délégation officielle belge et peut donc assister à de nombreuses négociations officielles en tant qu’observateur.
Au cours des prochains jours, nous discuterons à la COP avec notre ambassadeur belge pour le climat et nos ministres du climat, avec l’un des ministres du climat de nos pays partenaires, avec des donateurs pour le climat et des ONG partageant les mêmes idées. Nous donnerons autant que possible la parole à nos partenaires et à nos collaborateurs locaux : en les laissant s’exprimer eux-mêmes (parfois par vidéo) ou en racontant leurs histoires telles qu’ils nous les ont racontées.
✍️ Texte : Bart Dewaele, directeur de Join For Water
