Photo : L’artiste plasticien Tibirusya Rolands (c) a réalisé une peinture en direct pendant le dialogue. Son œuvre a capturé les messages clés de la journée et a été signée par les membres du panel et les invités comme symbole d’un engagement collectif en faveur de la restauration des zones humides.
Ouganda : deuxième dialogue national sur les zones humides*
Plus de 5 millions d’Ougandais dépendent des zones humides ou wetlands pour leur approvisionnement en eau potable et les tourbières du pays stockent environ 200 mégatonnes, soit 200 milliards de kg, de carbone. Leur rôle dans la régulation du climat mondial est donc énorme.
Join For Water œuvre à Fort Portal pour la protection et la conservation des zones humides et joue un rôle important dans ce domaine. C’est pourquoi Join For Water a organisé fin octobre, pour la deuxième fois, un dialogue national sur la protection des zones humides. Ce dialogue a déjà abouti à deux engagements importants de la part du gouvernement national : donner la priorité à la restauration des zones humides et à l’adaptation au changement climatique, et mieux faire respecter la législation existante en matière de zones humides.
Le Dr Alfred Okot Okidi, secrétaire permanent du ministère de l’Eau et de l’Environnement, a ouvert le dialogue avec un message clair : l’Ouganda n’est pas à l’abri de l’accélération de la crise climatique et les zones humides restent l’une des principales lignes de défense. Il a souligné que plus de cinq millions d’Ougandais dépendent directement des zones humides pour leur approvisionnement quotidien en eau et que les tourbières ougandaises, qui stockent environ 192 mégatonnes de carbone, jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial. Ses propos ont souligné l’urgence nationale de protéger les écosystèmes des zones humides.
Isaiah Ndungo, coordinateur national de Join For Water, a présenté les objectifs de la journée :
- évaluer les engagements de l’Ouganda dans le cadre des accords nationaux et internationaux,
- échanger les expériences entre le gouvernement et les partenaires,
- renforcer la coopération et
- consolider les contributions à la position de l’Ouganda lors de la COP30 (10-21/11/2025).
Ce lien avec les processus mondiaux est revenu tout au long de la journée : les défis auxquels sont confrontées les zones humides en Ouganda, allant de la dégradation et de la pollution à une application mal coordonnée, s’appliquent partout dans le Sud global, précisément au moment où leurs fonctions de régulation climatique sont les plus nécessaires.
Pont entre les conférences internationales sur les zones humides et le climat
Le dialogue national s’est appuyé sur les discussions menées lors de la COP15 de Ramsar (23-31/7/2025, la COP de Ramsar traite spécifiquement des zones humides) au Zimbabwe, où les pays participants ont confirmé leurs engagements en faveur de la restauration des zones humides, y compris leur conservation et une meilleure intégration des zones humides dans les objectifs climatiques et de biodiversité. L’événement organisé en Ouganda a fait le lien entre ces résolutions et les discussions menées lors de la COP30 au Brésil, où les zones humides ont été au centre des efforts d’adaptation au changement climatique.
Transformer la science en images et en récits
Le clou de la journée a été une petite exposition organisée par Join For Water, Nature Uganda, le ministère et ses partenaires. L’exposition visait à traduire les conclusions scientifiques en récits accessibles et humains et s’appuyait sur l’inventaire des zones humides de Fort Portal City. Des photos, des récits de la communauté et des résultats de recherche ont été complétés par des maquettes d’écosystèmes importants tels que la rivière Mpanga, des présentations de Nature Uganda montrant la riche biodiversité des zones humides et des rapports du ministère sur l’état national des zones humides.
La maquette du Wetlands Education Centre, une initiative de la Kyaninga Forest Foundation, partenaire de Join For Water, et conçue par une étudiante en design environnemental, était particulièrement remarquable. Un bel exemple d’innovation par les jeunes qui jette un pont entre l’éducation, la conservation de la nature et le design.
Voix de la communauté
En préparation du Dialogue national, Join For Water et ses partenaires ont recueilli l’avis des enfants par l’intermédiaire des clubs environnementaux dans les écoles. Sur des cartes postales et à travers des dessins, ils ont partagé leurs préoccupations et leurs espoirs pour la préservation des zones humides. Lors du dialogue national, ces cartes ont rappelé que le déclin des zones humides affecte directement la jeune génération, qui héritera des conséquences des décisions prises aujourd’hui.
Joanita Laker, membre du 8e Parlement national des jeunes de l’Ouganda, l’a exprimé ainsi :
« L’utilisation durable des zones humides doit être un effort de toutes les générations, et la génération plus âgée ne doit pas négliger son rôle dans l’éducation de la jeune génération en matière de protection et de conservation. »
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