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Transformer les faibles résultats de la COP30 en actions positives

18 décembre, 2025

(c) Murungi Lucky Rodgers - Ouganda

La COP30 modifie-t-elle l’orientation de notre position politique en matière d’eau et de climat ? Bien que la 30e Conférence des Parties (COP) à la CCNUCC se soit achevée il y a quelques semaines, chez Join For Water, nous continuons à réfléchir aux conclusions de cet événement.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est la plus grande instance internationale en matière de gouvernance climatique. Depuis 1992, les réunions de la COP ont orienté l’agenda mondial sur le changement climatique grâce à des accords fondés sur le consensus.

Dans le contexte géopolitique actuel, il n’est pas facile de trouver des solutions climatiques qui satisfassent tout le monde.

Join For Water était présent à la COP30 cette année à Belém. Si la conférence est pour nous une excellente occasion de réseautage et de plaidoyer, ce sont les implications politiques qui éclipsent l’événement.

Normalisation de méthodes

À l’approche de la COP30, nous suivions avec optimisme les discussions sur l’objectif mondial d’adaptation (GGA), qui devait être décidé après l’élaboration d’un plan directeur lors de la précédente COP à Dubaï. Cependant, les débats ont pris une tournure inattendue, laissant les experts s’interroger sur l’utilité de ce qui a abouti à l’accord final.

L’objectif mondial d’adaptation adopté ne comporte pas la plupart des mécanismes scientifiques de collecte et de communication des données climatiques qui figuraient dans le projet de la dernière COP. Sans une normalisation de ces méthodes, l’adaptation au changement climatique restera difficile à suivre et à comparer à l’échelle mondiale.

Bien que le résultat soit décevant, c’est ce avec quoi nous devons travailler jusqu’à la prochaine COP.

Même dans le cadre de la décision GGA, qui présente des lacunes, certains indicateurs d’adaptation existent, dont plusieurs mentionnent l’eau (en particulier à l’article 3). Nous pouvons les considérer comme des tremplins vers la future politique de la CCNUCC, en espérant que les années à venir révèlent qu’une approche plus concrète des mesures d’adaptation est nécessaire pour garantir la sécurité mondiale de l’eau, et utiliser notre position pour plaider en faveur d’indicateurs plus solides.

En attendant, nous pouvons également nous intéresser à un autre concept de la CCNUCC, les plans nationaux d’adaptation (PNA). Les PNA sont un projet plus ancien, axé sur les approches individuelles des États en matière d’adaptation au changement climatique plutôt que sur une approche mondiale. Ils sont basés sur le principe de la CCNUCC des « responsabilités communes mais différenciées », qui stipule que les pays développés et les pays en développement ont des obligations différentes en fonction de leurs capacités respectives.

Les PAN relient un concept mondial plus large au niveau local. Bien qu’ils n’y soient pas tenus, de nombreux pays en développement soumettent leurs PAN à la CCNUCC. Grâce à ces documents, nous pouvons voir quelles mesures d’adaptation existent dans chaque pays et comprendre comment nous pouvons aider nos pays partenaires à atteindre leurs objectifs en matière d’adaptation liée à l’eau.

Il existe des possibilités de soutenir les mesures d’adaptation au changement climatique, avec ou sans cadre mondial clair. En nous concentrant sur ce besoin à un moment où il n’est pas encore correctement pris en compte, notre approche pourrait s’avérer plus importante que jamais.

Dans un monde en constante évolution en matière de gouvernance climatique, Join For Water est prêt à s’adapter à la situation actuelle tout en conservant la même vision : garantir l’accès à l’eau pour tous.