Le bambou: un atout polyvalent et écologique

Les tiges de bambou sont creuses, mais très solides.

Bénin – Sur le plan environnemental, le bambou est une plante écologiquement très intéressante car il peut se substituer aux bois de la forêt naturelle à travers sa capacité de séquestration de carbone et les services écosystémiques rendus.

Plusieurs populations à travers le Bénin dépendent des ressources végétales et emploient leurs connaissances accumulées dans le temps pour en tirer profit et les gérer de façon durable. Avant la fin des années 1970, beaucoup d'attention était accordée à la recherche sur les forêts et le développement de la productivité commerciale du bois sans tenir compte de son rôle réel et du potentiel des multiples produits et services environnementaux offerts par les forêts. Dans un passé récent, il y a eu un regain d'intérêt pour les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). En effet, pour les populations surtout rurales de la Vallée de Wémé, les PFNL revêtent une importance capitale car ils contribuent aux soins de santé, à l’alimentation, au revenu monétaire et aux autres aspects de leur bien-être. Les PFNL sont des biens d’origine biologique. Dans la Vallée de Wémé il existe de nombreux PFNL au nombre duquel le bambou (Bambusa Vulgaris). 

Le bambou a de nombreux atouts

Le bambou est présenté comme une ressource qui allège beaucoup de problèmes sociaux et environnementaux. Sur le plan environnemental, il s’agit d’une plante écologiquement très intéressante car il peut se substituer aux bois de la forêt naturelle à travers sa capacité de séquestration de carbone et les services écosystémiques rendus. La tige creuse du Bambou, appelée chaume, lui conférant une certaine légèreté, est un atout. Le bambou a des tiges souterraines, appelées rhizomes. Ils permettent à la plante de croître en formant des touffes plus ou moins serrées. C'est aussi un organe de réserve. Les racines sont adventives et se développent autour des nœuds du rhizome. Grâce à sa croissance rapide, les tiges de bambou peuvent être exploitées à partir de la troisième année. Le bambou a une haute régénération annuelle après l’avoir coupé et offre une grande production de biomasse. 

Résilience  des écosystèmes et des paysages 

Cela fait de cette ressource un outil efficace pour la résilience  des écosystèmes et des paysages et pourrait donc occuper une place importante dans l’adaptation au changement climatique et le développement durable. Au niveau social, le bambou sert de matériau très solide pour la construction des maisons comme dans la zone lacustre. Le bambou est également fort utilisé pour la technique de pêche traditionnelle « Acadja » dans la Vallée. Aujourd’hui les plants de bambou sont de plus en plus rares à cause de la pression anthropique (demande communautaire et artisanale). Les communautés font de longues distances pour se procurer des cannes de bambous pour la construction des maisons et pour la mise en place des techniques de « Acadja ». Le projet Nouvelle Vallée de Wémé, mis en œuvre par Join For Water dans la Vallée de Wémé a initié, sur demande des communautés, une série d’activités de formation sur le Bambou, tant sur le plan économique qu’environnemental. 

L’objectif général est de contribuer à la valorisation du bambou dans la basse et moyenne de Wémé afin de permettre aux communautés de tirer des revenus substantiels tout en contribuant à la restauration de services écosystèmiques de régulation (contrôle des érosions et des écoulements …). 

La méthodologie s’est basée sur l’approches participative, intégrée et « focus durabilité » qui ont été adoptées dans la mise en œuvre du projet NVW. Ceci s’est traduit par les activités suivantes :
-    Identification des causes des difficultés d’approvisionnement du bambou  
-    Formation sur les valeurs écologique et économique du bambou  
-    Transfert de compétences sur les techniques de production, d’entretien et d’exploitation du bambou 
-    Formation par les pairs 
-    Réalisation de site pilote de reboisement de bambou 

2500 plants de bambous sur 1 hectare

  • 75 représentants communautaires ont été formés sur les techniques de production, d’entretien et d’exploitation du bambou dans les quatre communes d’intervention du Projet Nouvelle Vallée de Wémé (Bonou, Adjohoun, Dangbo et Aguégués). Ces formations sont déroulées en deux phases, une phase de théorie et une phase pratique. Les participants ont pu comprendre les valeurs écologiques et économiques du bambou. Ils ont été amenés à organiser la restitution de ces formations dans leur villages respectifs par la formation par les pairs.  
  • Dans le village de Gbodjè (commune des Aguégués), l’intérêt pour le bambou est grand avec une volonté des communautés pour plus de valorisation. 2500 plants de bambous ont été mis en terre fin 2020 sur une superficie de 10000m², et font l’objet d’un entretien régulier par les communautés locales. Des réplications de plantations du bambou sont envisagées.