Join For Water a un nouveau directeur

« Il n'est pas nécessaire de devenir un militant de premier plan pour aider à combattre l'injustice de l'eau: en consommant l'eau plus consciemment, vous faites déjà une différence importante. »

Bart Dewaele (51 ans) est le nouveau directeur de Join For Water et succède à Vincent Volckaert, qui a dirigé l'organisation de 2013 à 2020. Bart apporte beaucoup d'expérience. « À l'échelle mondiale, il devient clair que l'utilisation (peu) judicieuse de l'eau est directement liée à la crise climatique. Nous devons rester ingénieux afin de proposer des solutions dans ces nouveaux contextes locaux et mondiaux qui soient durables, techniquement solides, socialement justes et ancrées dans la communauté. »

Bart Dewaele : « L'eau est un sujet compréhensible qu’on emploie quotidiennement. Notre corps est constitué aux 2/3 d'eau. Lorsque nous avons très soif, cela fait mal à notre corps. Tomber malade parce que nos mains n'ont pas été lavées, ces jours-ci cela se passe très près de chez nous. Il nous semble évident que nous avons accès à l'eau courante chez nous.

Vous pouvez lier des thèmes plus complexes à cette expérience quotidienne reconnaissable. Les femmes assument la plus grande partie de la charge de l'approvisionnement en eau: c'est généralement l'expression d'une injustice entre les sexes. L'eau devient une propriété privée et aussi précieuse que l'or: voilà des mécanismes qui renforcent les inégalités extrêmes. Les sécheresses persistantes sont encore insuffisamment reconnues comme une conséquence du réchauffement climatique: les politiciens doivent être réveillés car la question climatique est une crise urgente. 

Parce que l'eau est partout, mais qu'elle fait aussi partie de notre propre vie, chacun a la possibilité de faire quelque chose pour lui-même. Il n'est pas nécessaire de devenir un militant de premier plan pour contribuer à la lutte contre l'injustice de l'eau: en consommant l'eau plus consciemment, on fait déjà une différence importante. »

Carrière

Bart Dewaele : « Juste avant l'abolition du service militaire, j'ai été appelé en 1991. Mais apprendre à tirer des balles et à lancer des bombes pour tuer des autres gens n'était pas conforme à ma conscience. En tant qu'objecteur de conscience, j'ai dû m'engager dans la communauté. Où ça exactement ? Je pouvais choisir moi-même. Alor ce fût 11.11.11 - l'organisation parapluie du mouvement Nord-Sud – où j'ai soutenu les volontaires dans le Brabant flamand. Mon salaire n'était pas très élevé mais - comme il se doit pour une organisation de développement - j'ai eu l'occasion d'être créatif, de faire des erreurs et de m'améliorer sans cesse. 

Lorsque j'ai travaillé pour la première fois dans le Sud, de 1993 à 1996, les choses allaient très vite. J'ai pu travailler sur un projet dans une ville isolée du nord du Ghana, et j'ai été autorisé à contribuer à la création d'une station de radio qui apporterait des programmes éducatifs ainsi que de la musique locale. L'aspect matériel de cette fondation s'est très bien passé, la station de radio a vu le jour et elle existe encore aujourd'hui. Mais il n'a pris son essor que lorsque la population locale en a vraiment pris le contrôle. Une sage leçon que je porte encore en moi aujourd'hui.

Après quelques années comme enseignant au VTI Waregem, je suis retourné en Afrique avec ma femme et deux bambins en 2000. De Ouagadougou au Burkina Faso, j'ai représenté Broederlijk Delen au Sahel. Dans cette région aride, l'eau est cruciale pour l'agriculture et pour une vie saine. 

En 2004, je suis devenu chef de la branche sud de Broederlijk Delen à Bruxelles. Une riche expérience que j'ai apportée avec moi en 2007 au poste de directeur général de la VVOB, une organisation à but non lucratif du gouvernement flamand qui renforce la qualité de l'enseignement dans les pays en développement. Après deux mandats dans cette fonction, je suis entré en fonction pour un an en tant que chef intérimaire des programmes d'Oxfam Solidarité. »

Ambitions

Bart Dewaele : « Join For Water est une ONG qui est motivée par les droits de l'homme et qui regarde donc au-delà des frontières de notre village et de notre pays. Dans le Sud, les populations sont les plus touchées par le manque d'accès à l'eau potable. Grâce à notre soutien aux partenaires locaux, Join For Water continuera d'exceller dans des projets qui utilisent les ressources de manière efficace et produisent des résultats concrets. Les entrepreneurs et le secteur privé sont nos alliés pour gérer l'eau de manière équitable et durable. 

Contrairement à l'eau qui est un droit pour les citoyens, le gouvernement a le devoir de garantir ce droit. Peut être Join For Water peut adopter une attitude plus critique (mais constructive) envers les autorités responsables, dans les pays partenaires, au niveau international, mais aussi en Belgique. 

Join For Water peut devenir encore plus connu au niveau international comme l'expert par excellence de la bonne coopération des utilisateurs, des autorités et du secteur privé en matière d'eau et d'assainissement. Dans notre propre pays, notre voix pourrait sonner encore plus fort pour inclure toujours la dimension des droits de l'homme et de la durabilité dans la gestion de l'eau. Nous pouvons développer encore plus de modèles d'action dans le domaine de l'eau pour les citoyens et les bénévoles. »

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